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#1 05-07-2012 16:55:41

Rikka
Marchombre
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Le Cycle de Mars - Edgar Rice Burroughs

On doit à l’imaginaire et à la fécondité d’Edgar Rice Burroughs (1875-1950) plusieurs monuments de la littérature populaire, dont les 27 aventures de Tarzan, le Cycle de Pellucidar et le Cycle de Vénus.

Avec John Carter et le Cycle de Mars, il invente le planet opera et pose les bases d’un pan entier de la science-fiction contemporaine. Par ce biais, il a exercé une influence considérable sur toute une génération d’auteurs aujourd’hui classiques, de Robert Heinlein à Michael Moorcock en passant par Arthur C. Clarke ou Ray Bradbury.

Le cycle en lui-même est originellement composé de 11 tomes. En France, seules les éditions Lefrancq (qui ont fait faillite en 1999) ont publié l'intégralité des onze volumes en deux omnibus. Cependant, suite à la sortie en 2012 par les studios Walt Disney Pictures du film John Carter d'Andrew Stanton, les éditions Omnibus rééditent le cycle, avec un premier volume comprenant les cinq premiers tomes : Une Princesse de Mars, Les Dieux de Mars, Le Guerrier de Mars, Thuvia, vierge de Mars et Echecs sur Mars, de même qu’une préface et une présentation de l’auteur.

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                                            Editions Lefrancq                                                       Editions Omnibus


Synopsis : Un jour qu’il est poursuivi par de féroces Apaches, John Carter, ancien officier sudiste, trouve refuge dans une grotte où il est pris d’une étrange somnolence… et se réveille dans une contrée étrange où l’herbe est rouge, la pesanteur différente, le paysage insolite : il est sur Mars, et une série d’aventures extraordinaires l’attend.

Mars est alors une planète moribonde aux mers asséchées, à la faune et à la flore riches et variées, où l’air est une denrée précieuse, une société décadente déchirée par des conflits permanents entre les différentes races qui la composent, un monde brutal régi par des superstitions séculaires, où les épées côtoient les aéronefs.

John Carter va multiplier les rencontres les plus incroyables, affronter d’innombrables dangers, déjouer les pires trahisons et trouver l’amour dans les bras d’une belle princesse martienne.

Récapitulatif de la tomaison :

  • Tome 1 : A Princess of Mars (La princesse de Mars) 1937

  • Tome 2 : The Gods of Mars (Les Dieux de Mars) 1937

  • Tome 3 : The Warlord of Mars (Le Guerrier de Mars) 1971

  • Tome 4 : Thuvia, Maid of Mars (Thuvia, vierge de Mars) 1971

  • Tome 5 : The Chessmen of Mars (Échecs sur Mars) 1971

  • Tome 6 : The Master Mind of Mars (Le Conspirateur de Mars) 1984

  • Tome 7 : A Fighting Man of Mars (L'Aventurier de Mars) 1986

  • Tome 8 : Swords of Mars (Les Épées de Mars) 1995

  • Tome 9 : Synthetic Men of Mars (Les Hommes synthétiques de Mars) 1995

  • Tome 10 : Llana of Gathol (Llana de Gathol) 1995

  • Tome 11 : John Carter of Mars (John Carter de Mars) 1995

______________________________________


Mon avis : Tout d’abord, un petit point en lien avec le film tiré de cet ouvrage. Comment dire…  heureusement que je n’ai pas lu l’œuvre avant de visionner le film car, dans le cas contraire, il ne me serait pas resté bézef de poils sur le caillou ironique. Bref, tout cela pour dire que les deux n’ont absolument rien en commun si ce n’est le nom des lieux et personnages. Je ne sais pas quel mixture Disney nous livre là, mais je trouve cela limite honteux de saccager de la sorte le roman original qui demeure un classique reconnu de la science-fiction. Enfin voilà, il était impératif que ce soit dit : oubliez le film ! lol

Ce petit aparté étant désormais derrière nous, penchons-nous sur l’ouvrage en lui-même. Poursuivi par une horde d’Apaches en pleine terre de Virginie, le capitaine John Carter se retrouve soudainement propulsé sur la planète Mars sans autre forme d’explication. Marionnette secouée par un destin aveugle et prisonnier d’un monde où les autochtones se battent avec des épées et des armes de haute technologie, il n’aura que pour seul choix celui d’explorer ce lieu singulier qui prend forme par sa poésie sèche et brutale. Un monde fait de sable et de déserts, un monde où l’on vogue sur la lumière et où les mers n’existent que dans les légendes. Un monde qui s’éteint inexorablement. Mars – Barsoom – est en effet une planète moribonde où s’entre-déchirent des êtres décadents soumis à une bien étrange culture où se mêlent l’ancien et le moderne, la sauvagerie et l’élégance. Sa quête de survie mènera John Carter à livrer bataille contre maintes ethnies martiennes, à nouer d’indicibles amitiés, triompher de tyrans, unir des peuples et tomber amoureux de la plus belle femme des deux mondes : Dejah Thoris, princesse de Mars.

Nous prenons donc très rapidement pied sur la planète Mars en compagnie d’un John Carter un peu déboussolé se devant de trouver son chemin au sein de cet univers si différent de celui qu’il a brutalement laissé derrière lui. Et nous suivrons ainsi ses épiques aventures au fil de 3 tomes : Une Princesse de Mars, Les Dieux de Mars et Le Guerrier de Mars. En effet, Le Cycle de Mars, s’étend sur de nombreux tomes pour devenir une saga familiale qui, après avoir donnée la part belle à son héros originel, le Capitaine John Carter, nous emporte par la suite au gré des péripéties de ses descendants directs. Dès lors, comme son appellation peut le laisser sous-entendre, c’est véritablement la planète Mars – Barsoom – en elle-même qui s’érige en tant que personnage principal.

En abordant mon ressenti personnel, je dirai que j’ai passé d’excellents moments tout au long des 5 tomes composant cet intégral. Là où Burroughs frappe très fort, c’est au niveau de la densité de son univers. Très travaillé, chaque détail est finement pensé et s’emboite logiquement dans un plus grand ensemble, nous laissant une impression de réalité très marquée, surprenante, et pour le moins troublante. Chaque description est si acérée qu’il devient enfantin pour nous lecteurs, de nous faire une image précise des scènes décrites. Notre imagination s’emballe d’elle-même, et ce pour notre plus grand plaisir ! big_smile

L’écriture de l’auteur, outre se parant de moult précisions quant à cet univers mis en place, laisse la part belle à l’action, aux grandes frasques épiques, aux comportements chevaleresques ainsi qu’à des actes de courage à en faire pleurer mémé dans sa chaumière. De fait, ce qui reste avant tout de cette œuvre une fois les dernières pages de tournées, c’est la subtile alliance entre Fantasy et Science-Fiction que l’auteur est parvenu à mettre en place. C’est d’ailleurs principalement pour cette raison que je n’ai pas été pour le moins déboussolée, si ce n’est rebutée, par une ambiance spatiale faite de grosses boites de conserves en apesanteur, d’envolées supersoniques, de vide intersidérale ou encore de combats au sabre laser ! En réalité, la seule partie SF pourrait se résumer au voyage intergalactique entrepris inconsciemment par notre héros, ainsi qu’aux quelques bribes de technologie que l’on est amené à rencontrer ça et là. Passé cela, nous nous retrouvons face à des peuplades d’origine diverses dont le principal passe-temps oscille entre la confection d’une garde robe construire uniquement à base de divers bracelets de pierres précieuses, et l’anéantissement pur et simple des autres espèces humanoïdes peuplant Barsoom. Vous l’aurez donc compris, Mars, c’est une planète au bord de l’extinction peuplée d’êtres humains ou associés se livrant bataille à l’arme blanche dans le plus simple appareil ironique ! (Finalement, je commence à comprendre pourquoi Disney a remanié certaines parties du scénar’… siffle).

Burroughs fut et demeure un incontournable du genre et un très grand auteur que je souhaitais découvrir depuis déjà quelques temps. Au final, je n’ai pas été déçue d’avoir franchi le pas. Cependant, je n’irai pas non plus jusqu’à dire que j’ai été émotionnellement transcendée par ce que j’ai lu. Particularité propre à l’auteur qui tend à se renforcer au fil des tomes, les scènes d'action et de batailles se multiplient, volant souvent la part belle à des passages plus contemplatifs et poétiques. De la première à la dernière page, aucun instant de répit n'est accordé au lecteur, et cette succession d’évènements, de scènes fortuites, de coups du sort,... laissent parfois en bouche une légère impression de too much.. Si le Richard de Goodkind vous exaspère par sa science infuse et ses qualités guerrières exceptionnellement… exceptionnelles, attendez donc de rencontrer John Carter. A côté, Richard Rahl n’est ni plus, ni moins que la fraiche déjection d'un âne bâté royalement posée au bord d’un chemin tortueux. Vous l’aurez donc compris, Burroughs fait dans la surenchère, c’est indéniable. Et c’est, à mon sens, le principal défaut imputable à l’œuvre. Cependant, il me semble que ce dernier est davantage à mettre sur le dos des canons en matière d’écriture ayant cours à cette époque là, 1917 rappelons-le. De ce temps, la figure du héros invincible atteignant moralement et éthiquement parlant la perfection même se devait d’être exacerbée, cristallisé. C’était en un sens le contrat tacitement passé avec le lecteur. Actuellement, les mouvances sont autres. On préfère les personnages torturés, divisés, ou tout du moins humains, réalistes. Et c’est en retournant lire des œuvres comme le Cycle de Mars que l’on s’en rend d'autant plus compte.

Pour conclure donc, un cycle solide, attractif, très travaillé et livré par un grand auteur de son temps qui a certes, pris quelques années dans l’aile, mais qui demeure un inconditionnel absolument pas désagréable à lire, mais pouvant au contraire révéler bien des surprises ! smile


Les montagnes ne vivent que de l'amour des hommes. Là où les habitations, puis les arbres, puis l'herbe s'épuisent, naît le royaume stérile, sauvage, minéral ; cependant, dans sa pauvreté extrême, dans sa nudité totale, il dispense une richesse qui n'a pas de prix : le bonheur que l'on découvre dans les yeux de ceux qui le fréquentent - Gaston Rébuffat

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#2 05-07-2012 17:07:15

Zorander69
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Re : Le Cycle de Mars - Edgar Rice Burroughs

Belle critique.
Jusqu'au dernier paragraphe tu m'as donné envie, surtout qu'il m'avait titiller. Mais le coup de Super Richard version Carter me refroidi violemment ! smile

En tout cas présentation à prendre en exemple les petits nouveaux !  lol

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#3 05-07-2012 17:11:21

tkl
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Re : Le Cycle de Mars - Edgar Rice Burroughs

Ben, si c'est pas une belle critique ca  beuh

Curiosité bien piquée sur ce coup là big_smile


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#4 05-07-2012 18:39:50

Rikka
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Re : Le Cycle de Mars - Edgar Rice Burroughs

a écrit :

Jusqu'au dernier paragraphe tu m'as donné envie, surtout qu'il m'avait titiller. Mais le coup de Super Richard version Carter me refroidi violemment !

Bah j'ai essayé d'être au maximum objective en recensant de manière complète toutes les impressions - positives et négatives - que ce cycle m'a laissée. Après, c'est à toi de voir si le négatif l'emporte ou non wink Mais si tu veux un avis tranché, il y a beaucoup d'autres ouvrages et auteurs qui méritent ton attention (Sanderson first ! lol).

Puis pour le coup, le message subliminal de cette critique n'était pas tellement : "à dévorer absolument !" mais plutôt dans le style : "pour un classique du genre datant de quelques années déjà, il se déguste très bien et peut même réserver certaines surprises, tout en étant pas exempt de défauts" wink

@Tkl : et bien si tu te lances dans l'aventure un de ces 4, je serais curieuse d'avoir ton avis sur la question smile Surtout connaissant ton bagage en SF.


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#5 05-07-2012 18:41:20

Zorander69
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Re : Le Cycle de Mars - Edgar Rice Burroughs

C'est vrai que ce genre c'est plus "dépaysant" qu'autre chose. L'univers est beau, les descriptions aussi mais le reste est un cran en dessous.

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